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Extrait revue meet n°04 - MEET

Extrait revue meet n°04

Revue meet n°4
NEW YORK / NAPLES

ERRI DE LUCA

Tuf

À Naples, une rue droite en pente douce est barrée tout en haut par une caserne. Elle s’appelle Monte di Dio, un nom difficile à porter loin de Jérusalem qu’Isaïe nomme ainsi dans son livre de prophète : Montagne de Dieu, har Yod.
Naples est allongée, toute grande ouverte au ciel, à la mer et au volcan. Elle ne s’est jamais défendue contre qui l’a voulue et elle n’a pas de citadelles.
Mais sur la toute petite hauteur de Monte di Dio se tenait un enfant comme sur le créneau d’une tour, passant des heures à faire la sentinelle.
Dans la partie basse de la rue se trouvent un théâtre et un palais princier Vers le haut, les immeubles s’appauvrissent. C’est dans l’un d’eux que s’est écoulée mon enfance. En face du mien, il y avait un vieil immeuble. Pendant un an, j’ai assisté à sa démolition, c’était en 1955. On l’abattait à coups de pioche, un étage après l’autre, en descendant vers le sol.
Sous l’enduit décoloré, le tuf jaune respirait à nouveau, décrépi. C’était la matière première des maisons d’autrefois. Les blocs équarris étaient récupérés.

Traduit de l’italien par Danièle Valin.

Tufo

A Napolicí c’è una via dritta e un po’in salita che finisce sbarrata in cima da una caserma. Si chiama Monte di Dio, un nome esagerato da sostenere lontano da Gerusalemme. Cosí la chiama Isaia nel suo libro di profeta : Monte di Dio, har Iod.
Napoli è sdraiata, spalancata a cielo, mare e vulcano. Non si è difesa mai da chi líha voluta e non ha roccaforti.
Ma dalla minima altura di Monte di Dio un bambino stava come sul merlo di una torre e restava le ore affacciato a far da sentinella.
Nel lato basso della via c’è un teatro e un palazzo di principi. Verso l’alto s’impoveriscono i caseggiati, in uno dei quali mi è trascorsa l’infanzia. Dirimpetto al moi c’era un palazzo vecchio. Per un anno ho assistito alla sua demolizione, era il’55. Lo abbattevano a picconi, piano dietro piano, calando verso il suolo.
Dietro l’intonaco stinto il tufo giallo respirava di nuovo, stonacato. Era materia prima delle case di un tempo. I blocchi squadrati venivano recuperati.

NORMA COLE

Mascaret

Il y a une ombre au-dessus de la ville
la lumière qui, comme d’habitude, encadre et efface

Dis simplement que tu
rêves des feux chaque
nuit lissant de chaque
page l’effondrement

de la gorge qui parle
dans une suite
de mesures en
plein désert

la vie parfaite
dans une suite
de gestes mesurés
une invitation à

voir le monde
d’un pont
qui brûle dans
la nuit d’à côté

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Françoise Garnier.

Riptide

There’s a shadow over the city
the light, as usual, framing and erasing

Just say you
dream fires each
night smoothing each
collapsing page from

the throat talking
in a series
of measures in
the high desert

the perfect life
in a series
of measured gestures
an invitation to

see the world
from a bridge
that burns in
the next night