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Extrait Leopold FEDERMAIR - MEET

Extrait Leopold FEDERMAIR

Leopold FEDERMAIR
La consultation
traduit de l’allemand (Autriche) par Manuel Chemineau
ISBN 2-903945-56-X
1999
16 €

La clé que m’avait remise Olga était la bonne. Tandis que la porte s’ouvrait en grinçant, ma main se posa d’elle-même sur le commutateur. Ma main se souvenait parfaitement. J’étais souvent venu en visite avec la nièce de Hilda, à une époque que rien ne peut plus rappeler. Pas même un nom.

Et pourtant : bribes de souvenirs, brassages, remous, chemin perdu au travers des broussailles, au-delà de la barrière de l’oubli, du café et des gâteaux, superpositions multiples, stratifications, café et gâteau, maté et factum, le café léger et la tarte au sucre, le maté sucré et la pâtisserie fine recouverte de paillettes multicolores, des paillettes de sucre minuscules comme si c’était exprès, comme si elle, Hilda, obéissait à un instinct d’autodestruction, juste un petit morceau de gâteau rien qu’un, puis un autre, puis un troisième, gourmande comme elle était, comme elle l’avait aussi été enfant, et aujourd’hui, autrefois et maintenant, diabétique et gourmande. Sa mauvaise conscience venait-elle de là ? Parce qu’elle se détruisait elle-même ? Et que ça n’est pas permis non plus, se détruire, s’anéantir. Dios te castigó.

traduit de l’allemand (Autriche) par Manuel Chemineau

Der Schlüssel, den mir Olga gegeben hatte, paßte ins Schloß. Während die Tür quietschend aufging, griff meine Hand zum Lichtschalter. Die Hand erinnerte sich an den Ort. Mit Hildas Nichte war ich hier oft zu Besuch gewesen, in Zeiten, in die kein Weg mehr führt. Nicht einmal ein Name.
Und doch, Spur der Erinnerung, wirbelnder Sud, Schleichweg im Dickicht, am Sperrbalken vorbei, Kaffee und Kuchen, tausendfache Überlagerung, Kaffee und Kuchen, Mate und factura, der dünne Kaffee und der Streuselkuchen, der gesüßte Mate und das Feingebäck mit den bunten Zuckerstückchen, winzigen Stäbchen, als wäre es Absicht, als folgte die Frau einem Selbstzerstörungstrieb, nur ein Stück Kuchen, dann noch eins, schließlich ein drittes, naschhaft wie sie war, wie sie als Kind gewesen war, und jetzt, damals und jetzt, eine naschhafte Zuckerkranke. Daher also ihr schlechtes Gewissen ? Weil sie sich zerstörte ? Denn auch das ist verboten : sich zu zerstören. Dios te castigó.